Tout cela se passe au-dessus de nos têtes
Connaissez-vous…Eratosthène ?
Par Michel Gravereau
Le monde actuel dans lequel nous vivons réserve bien des surprises. L’apparition des réseaux sociaux et de leurs influenceurs tendent parfois à nous faire douter ce que les civilisations passées nous ont enseigné.
Ainsi, l’idée de la Terre plate, immobile et centre de l’Univers, chère à Claude Ptolémée, a fait son chemin. Elle est ronde, animée d’une dizaine de mouvements et embarquée dans une chorégraphie stellaire à peine imaginable.
Pourtant, si l’on en croit de récents sondages, il paraîtrait qu’une large part de nos ados croient encore, par la manipulation des réseaux sociaux, que la Terre est plate. Ah, ces plâtistes !
Il est dommage qu’ils prennent leurs informations sur leur téléphone plutôt que dans certains livres qui relatent la vie de certains grands hommes et leurs découvertes. Certes, lors de leur passage au collège et au lycée, ils vont connaître Monsieur Thalès et ses droites parallèles, ils trouveront l’hypoténuse du triangle rectangle grâce à Pythagore, ils apprendront qu’en prenant un bain on peut crier Euréka, ou qu’un autre a pensé utiliser une lunette pour mieux voir ce qui se passait très loin dans le ciel. Galileo Galilei dit Galilée leur deviendra connu.
La liste serait tellement longue qu’elle remplirait tout un article.
Je vais m’attarder sur un personnage qui occupe depuis bien longtemps le podium de ces hommes extraordinaires, en avance sur leur temps, des génies qui ne furent pourtant pas considérés à leur juste place, tels les Galilée, Newton ou Léonard de Vinci, peut-être parce que la technologie ne suivait pas au même rythme que l’excellence de leur cerveau.
Cet homme est Eratosthène. Il vécut voici 22 siècles. Grec, il vivait en Egypte. Alexandre le Grand était passé par là lors de ses conquêtes.
Son histoire est fabuleuse.
Le 21 juin, jour du solstice d’été, il avait remarqué que le Soleil se reflétait sur la surface d’eau d’un puits à Syène, à midi. Cette ville existe actuellement sous le nom de Assouan. Début du lac Nasser, sur le Nil. Elle est située sur le tropique du Cancer, à 23° et demi Nord.
Le même jour, à la même heure, il savait que l’obélisque placé à Alexandrie, bien vertical, définissait une ombre de 7° et des broutilles.
Arrêtons-nous sur cette constatation. L’histoire exacte ne précise pas si c’est la même année ou si deux personnes différentes ont pu faire cette étude.
Par contre, il savait très bien de quelle distance étaient séparées ces deux villes : 5 000 stades qui correspondent à 800 km actuels. Le long du Nil, aucune borne kilométrique, mais le pas des chameaux était un compteur remarquable pour tous les caravaniers.
Le 21 juin, jour du solstice d’été, il avait remarqué que le Soleil se reflétait sur la surface d’eau d’un puits à Syène, à midi. Cette ville existe actuellement sous le nom de Assouan. Début du lac Nasser, sur le Nil. Elle est située sur le tropique du Cancer, à 23° et demi Nord.
Le même jour, à la même heure, il savait que l’obélisque placé à Alexandrie, bien vertical, définissait une ombre de 7° et des broutilles.
Arrêtons-nous sur cette constatation. L’histoire exacte ne précise pas si c’est la même année ou si deux personnes différentes ont pu faire cette étude.
Par contre, il savait très bien de quelle distance étaient séparées ces deux villes : 5 000 stades qui correspondent à 800 km actuels. Le long du Nil, aucune borne kilométrique, mais le pas des chameaux était un compteur remarquable pour tous les caravaniers.
Le raisonnement d’Eratosthène fut le suivant : si nous considérons que la Terre est plate, une lumière très lointaine (le Soleil) doit forcément être à la verticale de ces deux points simultanément. S’il en est autrement, c’est que la surface n’est pas plane, mais ronde.
Et il s’enquit de déterminer quelle était cette sphère sur laquelle nous vivons, la terre.
Comme le schéma l’indique l’angle au centre de la Terre intercepte un arc qui est équivalent en degrés. Il calculait 7° pour l’ombre de l’obélisque, l’angle au centre était donc de 7°, soit un cinquantième de 360°. Il suffisait de multiplier la distance Syène-Alexandrie par 50 et il obtenait la circonférence de la Terre. Même à l’école primaire, 50 X 800 = 40 000.
Et il s’enquit de déterminer quelle était cette sphère sur laquelle nous vivons, la terre.
Comme le schéma l’indique l’angle au centre de la Terre intercepte un arc qui est équivalent en degrés. Il calculait 7° pour l’ombre de l’obélisque, l’angle au centre était donc de 7°, soit un cinquantième de 360°. Il suffisait de multiplier la distance Syène-Alexandrie par 50 et il obtenait la circonférence de la Terre. Même à l’école primaire, 50 X 800 = 40 000.
Voici donc comment un homme, hors du temps, par une simple observation du Soleil à un jour bien précis, a pu conclure des connaissances sur notre planète.
Rien d’étonnant qu’il soit considéré comme l’inventeur de la géographie, terme toujours en vigueur.
Ce n’est pas bien entendu, un petit gars du peuple sorti de rien. Bien au contraire. Après une vingtaine d’années d’études auprès de grands savants de l’époque, il est nommé directeur de la bibliothèque d’Alexandrie sous Ptolémée III. Il possède le numéro de téléphone et le mail d’Archimède. Il eut comme élève Aristophane.
Philosophe, il écrira de nombreux ouvrages, en particulier La Souda qui est restée célèbre.
Mathématicien, il a établi un crible, méthode qui permet de calculer les nombres premiers. Il travaille sur la multiplication du cube et imagine le Mésolabe, instrument qui permet de calculer les moyennes proportionnelles.
Astronome, il met au point un moyen de prévoir les éclipses et établit un catalogue de 736 étoiles. Enfin, il démontra que la Terre était penchée de 23° 51 par rapport à l’écliptique, l’équateur du Soleil.
Ce grand Homme, devenu aveugle, ne pouvait plus regarder les étoiles. La légende raconte qu’il se laissa mourir de faim.
Souvenons-nous d’Eratosthène comme l’un des meilleurs scientifiques que la Terre ait connu. Et avant que la cécité ne nous gagne, posons-nous la nuit dans notre jardin, sur une plage, au calme et prenons-en plein les yeux de ces myriades de petites bougies qui dansent au-dessus de nos têtes.
Rien d’étonnant qu’il soit considéré comme l’inventeur de la géographie, terme toujours en vigueur.
Ce n’est pas bien entendu, un petit gars du peuple sorti de rien. Bien au contraire. Après une vingtaine d’années d’études auprès de grands savants de l’époque, il est nommé directeur de la bibliothèque d’Alexandrie sous Ptolémée III. Il possède le numéro de téléphone et le mail d’Archimède. Il eut comme élève Aristophane.
Philosophe, il écrira de nombreux ouvrages, en particulier La Souda qui est restée célèbre.
Mathématicien, il a établi un crible, méthode qui permet de calculer les nombres premiers. Il travaille sur la multiplication du cube et imagine le Mésolabe, instrument qui permet de calculer les moyennes proportionnelles.
Astronome, il met au point un moyen de prévoir les éclipses et établit un catalogue de 736 étoiles. Enfin, il démontra que la Terre était penchée de 23° 51 par rapport à l’écliptique, l’équateur du Soleil.
Ce grand Homme, devenu aveugle, ne pouvait plus regarder les étoiles. La légende raconte qu’il se laissa mourir de faim.
Souvenons-nous d’Eratosthène comme l’un des meilleurs scientifiques que la Terre ait connu. Et avant que la cécité ne nous gagne, posons-nous la nuit dans notre jardin, sur une plage, au calme et prenons-en plein les yeux de ces myriades de petites bougies qui dansent au-dessus de nos têtes.