Chef de bataillon Charles Hora
Par Christian Morisot.
Nous avons chacun de nous, l’occasion dans notre vie de vivre des moments de petits bonheurs et d’autres vécus dramatiques. Il est toujours intéressant de les faire partager même si c’est avant tout une affaire personnelle gardé au fond de notre mémoire très sélective.
J’aime fréquenter les brocanteurs et ma priorité dans mes recherches est les vieux livres et en particulier ceux écrits par des Anciens légionnaires. Nous avions demandé, il fut un temps à certains de nos anciens, qu’ils prennent conscience qu’ils sont de véritables mémoires vivantes et de ce fait, qu’ils écrivent sur leur passé de légionnaires avant de partir pour le grand voyage. Cette demande n’a pas été suivie d’effet pour de multiples raisons qui ne semble pas nécessaire d’évoquer, c’est un fait incontournable. Par contre, de nombreux livres ont été écrits et sont mal connus.
Aujourd’hui, ils ne sont plus édités ou en rupture de vente ou de stock, c’est le cas pour ces nombreux livres retrouvés chez les brocanteurs.
Je souhaite partager ma dernière acquisition, le livre du commandant Charles Hora ; un de nos anciens légionnaire-officier qui offre à notre curiosité un véritable bouquet d’aventures comme on les aime, de ceux qui peuvent provoquer de véritables vocations et non des moindres : celles, entre autres, de devenir légionnaire…
Charles Hora est né à Yokohama au Japon en 1908 ; il était de nationalité Tchèque par son père, sa mère était japonaise. Dès son plus jeune âge, il s’est trouvé mêlé en Chine à la guerre « des Concessions ». Il fut commandant dans l’armée Tchèque et par la suite chef de bataillon à la Légion étrangère.
Cet homme au destin exceptionnel S’est battu par le monde de la campagne de France en 39-45, en Corée, Indochine pour terminer en Algérie. Il quitta la Légion et le service actif pour un retour à la vie civile qu’il ne connaissait pas, s’imposait disait-il l’insupportable drame de la fin de l’Algérie française. Il franchissait pour la dernière fois le 22 mai 1961, la tête haute, la grille du quartier Viénot de Sidi-Bel-Abbès.
Extraits de l’épilogue de son livre :
« Pourquoi ai-je raconté mes aventures ?
J’ai succombé à l’appel de la vanité.
Quand je racontais un épisode de mon existence mouvementée, mes amis me disaient toujours :
Vous avez eu une vie peu commune. Vous devriez l’écrire.
Mais c’est pour moi, une raison mineure. J’ai voulu faire savoir au grand public ce qu’est la Légion, comment on y arrive, comment on y reste. J’ai tenu aussi à montrer que ce n’est pas une tare, mais un privilège, que d’avoir été légionnaire.
Avec le sens de l’entraide, un des traits essentiels de la Légion est l’oubli des nationalités. Elle donne un des plus grands exemples de paix humaine au monde moderne en abolissant les différences de races, de religions, de langues, de moralités, de castes, de couleurs. Une fois engagés, ces Hommes avec un H majuscule, amalgamés dans un creuset formidable, deviennent très vite des légionnaires et seulement des légionnaires. Il reste toute sa vie et jusque dans l’éternité un légionnaire. »